XIII. La Nuit du Destin : Approche Mathématique
Datation astronomique de la Nuit du Destin
A. Introduction
D'après Aicha, le Messager a dit :
« Recherchez la nuit du destin, parmi les jours impairs des dix dernières nuits du mois de ramadˁān. » (al-Bukhārī) [1]
Différents hadiths enseignent que la Nuit du Destin se situe dans les jours impairs de la dernière décade du mois de ramadˁān [1]. Cette nuit est par ailleurs connue comme étant la nuit de la toute première révélation du Coran à Muhammad [2]. Or, dans le ʤāmi'ul sˁaħīħ de Muslim, le Prophète précise que cela s'était passé un lundi [3]. D'autre part, al-Bukhārī rapporte que le Messager a vécu à partir de cette nuit 13 ans à la Mecque, et 10 ans à Yathrib à partir de l'émigration [4].
En sachant que la Nuit du Destin tombait sur un mois de ramadˁān, 13 années avant l'hégire, un lundi, et que c'était un jour impair parmi la dernière décade du mois de ramadˁān de l'an -13H, il est possible de calculer à quel jour de ce mois correspondait cette nuit sacrée.
Pour estimer mathématiquement le jour exact de cette première révélation du Coran au Prophète au mont de Lumière, nous sommes confrontés à plusieurs difficultés techniques. Il faut reculer jusqu'à l'année de la révélation du Coran. Cependant, jusqu'à l'an dix de l'hégire où le Prophète en interdit la pratique, des mois étaient périodiquement ajoutés au calendrier lunaire antérieur nommés nasīʾ [5]. Il faut ainsi les rajouter en vue de corriger le calendrier actuel pour la période d'avant cette réforme.
B. Difficultés à surmonter
B-1. Il existe des difficultés, mais une solution vérifiable est permise
1°) Il faut remonter en arrière de 156 lunaisons à partir du mois de muħarram hégirien réformé, donc de 13 x 12 lunaisons à partir de 632.
2°) Pour reculer aussi loin dans le temps, nous pouvons nous fonder sur des algorithmes informatisés.
3°) Nous devons ensuite encore reculer depuis cette date obtenue, de quelques mois lunaires intercalés à déterminer. Suivant les différents types calendaires (I, II, III & IV), la méthode exacte du nasīʾ préislamique varie. Il ressort que sur la période de 23 années, toutes ces diverses méthodes aboutissent à un maximum de dix mois embolismiques.
4°) Il reste ensuite à se fixer sur le ou les lundis de la dernière décade du mois identifié comme candidat.
B-2. Adaptations du calendrier hégirien
Les années lunaires comptent astronomiquement environ 354 jours, cependant, du fait de l'alignement imparfait de l'orbite lunaire par rapport au plan de l'écliptique, la variation de l'axe de rotation terrestre, les effets de marées, etc., le processus n'est pas linéaire. Une adaptation systématique au rythme solaire est réalisée, suivant les différentes tables de calcul [6], et en fonction des types I & III : où les 2e, 5e, 7e, 10e, 13e, 15e, 18e, 21e, 24e et 29e années sont abondantes, ou des types II & IV, où les 2e, 5e, 7e, 10e, 13e, 16e, 18e, 21e, 24e et 29e années sont abondantes. Il existe encore deux autres versions, d'origine indienne : 2e, 5e, 8e, 10e, 13e, 16e, 19e, 21e, 24e, 27e et 29e années, et Al-Birûnî : 2e, 5e, 8e, 11e, 13e, 16e, 19e, 21e, 24e, 27e et 30e années. Un autre type de méthode, qui nous intéresse ici, est le cycle métonique (hébraïque et babylonien), où ce sont les 3e, 6e, 8e, 11e, 14e, 17e et 19e années qui sont abondantes. Les années abondantes comptent 355 jours. Par conséquent, en comptant à rebours, nous devons tenir compte de cela. Avec ce système de comput, les marges d'erreur sont sensibles, d'un ordre s'évaluant en jours sur plusieurs millénaires. Cette méthode permet toutefois d'identifier le mois qui nous intéresse ici sans ambiguïté.
Cependant, pour se fixer sur le moment exact des conjonctions, des algorithmes plus pointus existent désormais permettant d'obtenir les éphémérides avec une marge d'erreur de l'ordre de quelques secondes à un peu moins de deux heures entre 5 000 BP et 2 000 BP. En effet, en fonction de la distance et de la position de la lune par rapport à la terre, la durée des cycles lunaires fluctue ; il faut également intégrer les effets de marée, etc. En se fondant sur l'étude fine de ces infimes variations mécaniques, il devient possible d'affiner grandement les calculs, ce qui rend la détermination mathématique d'une date aussi éloignée désormais accessible.
Voici une estimation critique des marges d'erreur (σ, erreur standard probable à 1-sigma) pour ΔT, traduite en minutes pour le timing des conjonctions (l'erreur sur le temps UT est quasi identique à celle sur ΔT pour ces événements). Calculs par intervalles de 500 ans, en centrant sur des années représentatives :
De 0 à 500 apr. J.-C. : σ ≈ 2 à 2,5 minutes (autour de l'an 0 : ~4,4 minutes ; vers 500 : ~2,3 minutes). C'est encore relativement faible grâce à quelques observations antiques servant à calibrer.
De 500 à 0 av. J.-C. : σ ≈ 4 à 7 minutes (vers -500 : ~7 minutes). Les données babyloniennes et chinoises aident, mais la dispersion augmente.
De -500 à -1000 : σ ≈ 7 à 10 minutes (vers -1000 : ~10-11 minutes). Limite fiable de la formule ; au-delà, on passe en extrapolation.
De -1000 à -1500 (~3500-3000 BP) : σ ≈ 15 à 25 minutes. Extrapolation ; incertitude monte vite car peu de records directs.
De -1500 à -2000 (~3500-4000 BP) : σ ≈ 25 à 60 minutes, valeur souvent citée autour de 30-60 minutes vers -2000 selon les modèles.
De -2000 à -2500 (~4000-4500 BP) : σ ≈ 40 à 70 minutes. Très spéculatif ; certains auteurs (comme Huber) estiment ~23-60 minutes avec des modèles alternatifs, mais la majorité penche pour des valeurs plus élevées.
De -2500 à -3000 (~4500-5000 BP) : σ ≈ 70 à 120 minutes (1 à 2 heures). Extrêmement incertain ; les proxies géologiques (coraux, varves) capturent la tendance séculaire, mais pas les fluctuations décennales imprévisibles.
C. Mise au point
Le mois de ramadˁān étant le neuvième mois de l'année hégirienne, en le repoussant de 8 à 10 mois, nous nous retrouvons dans le calendrier réformé luni-solaire, soit à un mois de muħarram, ou un treizième mois embolismique, soit en ðuˁal ħiʤah, soit en ðuˁal qiˁdah.
C-1. Liste des mois du calendrier hégirien
muħarram
Safar
Rabī' al awwal
Rabī' al uxrā
Jumādā al awwal
Jumādā al uxrā
ʃaˁbān
raʤāb
ramadˁān ☆
ʃawwāl
ðuˁal qiˁdah
ðuˁal ħiʤah
C-2. L'année -13H selon un calcul informatisé déterminant les éphémérides
En standardisant le calendrier hégirien en l'an 10, le Messager expliquait que le temps a accompli un tour pour revenir à sa configuration originelle, confirmant donc que les mois de ramadˁān précédents n'étaient pas exacts astronomiquement [7].
D'après abû Bakra, le Prophète a tenu un long sermon lors du Pèlerinage de l'Adieu dans lequel il a, entre autres, dit : « Le temps a fait un tour pour revenir comme le jour où Allah a créé les cieux et la terre ; une année correspond à douze mois parmi lesquels quatre sont sacrés. Trois d'entre eux se succèdent : ðuˁal qiˁdah, ðuˁal ħiʤah, muħarram. Le quatrième est raʤāb de (la tribu) Mudˁār, c'est le mois qui se trouve entre ʤumādah et ʃaˁbān. » [8]
Il faut comprendre par là que le calendrier a subi des détours mais que le nombre de douze mois qui a été déterminé lors de la genèse revient désormais, et que le calendrier naturel reprend son plein droit. Les mois lunaires correspondent donc au calendrier originel à ce moment. C'est avec ces propos que le Messager a levé l'usage des mois embolismiques nommés nasi'.
D. Recherche astronomique
Dans le système calendaire solaire, c'est le soleil qui détermine les jours et les mois. Les mois débutent et se terminent graduellement en fonction des coordonnées géographiques. Il peut être encore janvier quelque part et être février ailleurs. Les journées y débutent enfin, avec le lever du soleil.
Dans le système calendaire lunaire, le soleil détermine les nuits et les jours, mais c'est la lune qui détermine les mois. Le mois débute chronologiquement au moment de la conjonction, et s'achève au moment de la conjonction suivante. Le mois peut débuter à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit en fonction de l'endroit où l'on se trouve, et une journée débute au coucher du soleil. Si le mois débute après le lever local du soleil pour un endroit donné, ce premier jour-là n'est pas jeûné localement.
Comme la Terre est un géoïde, la nouvelle lune commence à être visible en une zone ponctuelle variable autour de la terre ; il n'y a pas un endroit unique où elle puisse naître.
Ainsi, elle peut surgir dans différentes latitudes, et méridiens, et la zone de visibilité s'étend graduellement d'Est en Ouest. Si elle naît après le soleil, là où se trouve un fidèle, alors, ne pouvant point jeûner une partie de jour, le jour suivant y est attendu. Or astronomiquement, le mois a bien déjà débuté le jour en question. Ceci est important car la nuit d'al Qadr ne se multiplie pas : c'est la conjonction qui détermine le comptage des jours du mois, qu'on ait ou non pu jeûner le premier jour.
D.1. Tentative de recomposition du calendrier dévolu
Quelle table était utilisée par les Arabes avant la réforme calendaire ?
D.1-1. Liste exhaustive des configurations potentielles
{1a} 608 (2e), 611 (5e), 613 (7e), 616 (10e), 619 (13e), 621/2 (15/6e), 624/5 (18e), 627/8 (21e), 630/1 (24e) # 9
{1a'} 608 (2e), 611 (5e), 614 (8e), 616/7 (10/1e), 619 (13e), 622 (16e), 625 (19e), 627 (21e), 630 (24e), 632 (27e) # 10
{1b} 609 (2e), 612 (5e), 614 (7e), 617 (10e), 620 (13e), 622/3 (15/6e), 625/6 (18e), 628/9 (21e), 631/2 (24e) # 9
{1b'} 609 (2e), 612 (5e), 615 (8e), 617/8 (10e), 620 (13e), 623 (16e), 626 (19e), 628 (21e), 631 (24e) # 9
{1c} 610 (2e), 613 (5e), 615 (7e), 618 (10e), 621 (13e), 622/623 (15/6e), 626 (18e), 629 (21e), 632 (24e) # 9
{1c'} 610 (2e), 613 (5e), 616 (8e), 618/9 (10/1e), 621 (13e), 624 (16e), 627 (19e), 629 (21e), 632 (24e) # 9
{2a} 608 (5e), 610 (7e), 613 (10e), 616 (13e), 618/9 (15/6e), 621 (18e), 624 (21e), 627 (24e), 632 (29e) # 9
{2a'} 608 (5e), 611 (8e), 613/4 (10/1e), 616 (13e), 619 (16e), 622 (19e), 624 (21e), 627 (24e), 630 (27e), 632 (29e) # 10
{2b} 609 (5e), 611 (7e), 614 (10e), 617 (13e), 619/20 (15/6e), 622 (18e), 625 (21e), 628 (24e) # 8
{2b'} 609 (5e), 612 (8e), 614/5 (10/1e), 617 (13e), 620 (16e), 623 (19e), 625 (21e), 628 (24e), 631 (27e), 632/3 (29/30e) # 10
{2c} 610 (5e), 612 (7e), 615 (10e), 618 (13e), 620/1 (15/6e), 623 (18e), 626 (21e), 629 (24e) # 8
{2c'} 610 (5e), 613 (8e), 615/6 (10/1e), 618 (13e), 621 (16e), 624 (19e), 626 (21e), 629 (24e), 632 (27e) # 9
{3a} 608 (7e), 611 (10e), 614 (13e), 616/7 (15/6e), 619 (18e), 622 (21e), 625 (24e), 630 (29e), 632 (2e) # 9
{3a'} 608 (8e), 610/1 (10/1e), 613 (13e), 616 (16e), 619 (19e), 621 (21e), 624 (24e), 627 (27e), 629/30 (29/30e), 631/2 (2e) # 10
{3b} 609 (7e), 612 (10e), 615 (13e), 617/8 (15/6e), 620 (18e), 623 (21e), 626 (24e), 631 (29e) # 8
{3b'} 610 (8e), 612/3 (10/1e), 615 (13e), 618 (16e), 621 (19e), 623 (21e), 626 (24e), 629 (27e), 632/3 (29/30e) # 9
{3c} 610 (7e), 613 (10e), 616 (13e), 618/9 (15/6e), 621 (18e), 624 (21e), 627 (24e), 632 (29e) # 8
{3c'} 610 (8e), 612/3 (10/1e), 615/6 (13e), 618/9 (16e), 621/2 (19e), 623/4 (21e), 626/7 (24e), 629/30 (27e), 632/3 (29/30e) # 9
{4a} 608 (10e), 611 (13e), 613/4 (15/6e), 616 (18e), 619 (21e), 622 (24e), 627 (29e), 629 (2e), 632 (5e) # 9
{4a'} 608/9 (10/1e), 611/2 (13e), 614/5 (16e), 617/8 (19e), 619/20 (21e), 622/3 (24e), 625/6 (27e), 627/8 (29/30e), 629/30 (2e), 632/3 (5e) # 10
{4b} 609 (10e), 612 (13e), 614/5 (15/6e), 617 (18e), 620 (21e), 623 (24e), 628 (29e), 630 (2e) # 8
{4b'} 609/10 (10/1e), 612/3 (13e), 615/6 (16e), 618/9 (19e), 621/2 (21e), 624/5 (24e), 627/8 (27e), 629/30/31 (29/30e), 632/3/4 (2e) # 9
{4c} 610 (10e), 613 (13e), 615/6 (15/6e), 618 (18e), 621 (21e), 624 (24e), 629 (29e), 631 (2e) # 8
{4c'} 610/1 (10/1e), 613/4 (13e), 616/7 (16e), 619/20 (19e), 621/2 (21e), 624/5 (24e), 627/8 (27e), 629/30 (29/30e), 631/2/3 (2e) # 9
{5a} 608/9 (13e), 610/1 (15/6e), 613 (18e), 616 (21e), 619 (24e), 624 (29e), 626 (2e), 629 (5e), 631 (7e) # 9
{5a'} 608 (13e), 611 (16e), 614 (19e), 616 (21e), 619 (24e), 622 (27e), 624/5 (29/30e), 626/7 (2e), 629/30 (5e), 632/3 (8e) # 10
{5b} 609 (13e), 611/2 (15/6e), 614 (18e), 617 (21e), 620 (24e), 625 (29e), 627 (2e), 630 (5e), 632 (7e) # 9
{5b'} 609/10 (10/1e), 612/3 (13e), 615/6 (16e), 618/9 (19e), 621/2 (21e), 624/5 (24e), 627/8 (27e), 629/30 (29/30e), 631/2 (2e) # 9
{5c} 610 (13e), 612/3 (15/6e), 615 (18e), 618 (21e), 621 (24e), 626 (29e), 628 (2e), 631 (5e) # 8
{5c'} 610/1 (10/1e), 613/4 (13e), 616/7 (16e), 619/20 (19e), 621/2 (21e), 624/5 (24e), 627/8 (27e), 629/30 (29/30e), 631/2 (2e) # 9
{6a} 608/9 (15/6e), 611 (18e), 614 (21e), 617 (24e), 622 (29e), 624 (2e), 627 (5e), 629 (7e), 632 (10e) # 9
{6a'} 608 (16e), 611 (19e), 613 (21e), 616 (24e), 619 (27e), 621/2 (29/30e), 623/4 (2e), 626/7 (5e), 629/30 (8e), 631/2 (10/1e) # 10
{6b} 609/10 (15/6e), 612 (18e), 615 (21e), 618 (24e), 623 (29e), 625 (2e), 628 (5e), 630 (7e) # 8
{6b'} 609 (16e), 612 (19e), 614 (21e), 617 (24e), 620 (27e), 622/3 (29/30e), 624/5 (2e), 627/8 (5e), 630/1 (8e), 632/3 (10/1e) # 10
{6c} 610/1 (15/6e), 613 (18e), 616 (21e), 619 (24e), 624 (29e), 626 (2e), 629 (5e), 631 (7e) # 8
{6c'} 610 (16e), 613 (19e), 615 (21e), 618 (24e), 621 (27e), 623/4 (29/30e), 625/6 (2e), 628/9 (5e), 631/2 (8e) # 9
{7a} 608 (18e), 611 (21e), 614 (24e), 619 (29e), 621 (2e), 624 (5e), 626 (7e), 629 (10e), 632 (13e) # 9
{7a'} 608 (19e), 610 (21e), 613 (24e), 616 (27e), 618/9 (29/30e), 620/1 (2e), 623/4 (5e), 626/7 (8e), 628/9 (10/1e), 630/1/2 (13e) # 10
{7b} 609 (18e), 612 (21e), 615 (24e), 620 (29e), 622 (2e), 625 (5e), 627 (7e), 630 (10e) # 8
{7b'} 609 (19e), 611 (21e), 614 (24e), 617 (27e), 619/20 (29/30e), 621/2 (2e), 624/5 (5e), 627/8 (8e), 629/30/31 (10/1e), 632/3/4 (13e) # 10
{7c} 610 (18e), 613 (21e), 616 (24e), 621 (29e), 623 (2e), 626 (5e), 628 (7e), 631 (10e) # 8
{7c'} 610 (19e), 612 (21e), 615 (24e), 618 (27e), 619/20 (29/30e), 621/2 (2e), 624/5 (5e), 627/8 (8e), 629/30 (10/1e), 632/3 (13e) # 10
{8a} 608 (21e), 611 (24e), 616 (29e), 618 (2e), 621 (5e), 623 (7e), 626 (10e), 629 (13e), 631/2 (15/6e) # 9 (corrigé, était # 8)
{8a'} 608 (21e), 611 (24e), 614 (27e), 616/7 (29/30e), 618/9 (2e), 621/2 (5e), 624/5 (8e), 626/7 (10/1e), 629/30 (13e), 632/3 (16e) # 10
{8b} 609 (21e), 612 (24e), 617 (29e), 619 (2e), 622 (5e), 624 (7e), 627 (10e), 630 (13e), 632/3 (15/6e) # 9
{8b'} 609 (21e), 612 (24e), 615 (27e), 617/8 (29/30e), 619/20 (2e), 622/3 (5e), 625/6 (8e), 627/8 (10/1e), 630/1 (13e) # 9
{8c} 610 (21e), 613 (24e), 618 (29e), 620 (2e), 623 (5e), 625 (7e), 628 (10e), 631 (13e) # 8
{8c'} 610 (21e), 613 (24e), 616 (27e), 618/9 (29/30e), 620/1 (2e), 623/4 (5e), 626/7 (8e), 628/9 (10/1e), 630/1 (13e), 633/4 (16e) # 10
{9a} 608 (24e), 613 (29e), 615 (2e), 618 (5e), 620 (7e), 623 (10e), 626 (13e), 628/9 (15/6e), 631 (18e) # 9
{9a'} 608 (24e), 611 (27e), 613/4 (29/30e), 615/6 (2e), 618/9 (5e), 621/2 (8e), 623/4 (10/1e), 626/7 (13e), 629/30 (16e), 632/3 (19e) # 10
{9b} 609 (24e), 614 (29e), 616 (2e), 619 (5e), 621 (7e), 624 (10e), 627 (13e), 629/30 (15/6e), 632 (18e) # 9
{9b'} 609 (24e), 612 (27e), 614/5 (29/30e), 616/7 (2e), 619/20 (5e), 622/3 (8e), 624/5 (10/1e), 627/8 (13e), 630/1 (16e) # 9
{9c} 610 (24e), 615 (29e), 617 (2e), 620 (5e), 622 (7e), 625 (10e), 628 (13e), 630/1 (15/6e) # 8
{9c'} 610 (24e), 613 (27e), 615/6 (29/30e), 617/8 (2e), 620/1 (5e), 623/4 (8e), 625/6 (10/1e), 628/9 (13e), 631/2 (16e) # 9
{10a} 609 (29e), 611 (2e), 614 (5e), 616 (7e), 619 (10e), 622 (13e), 624/5 (15/6e), 627 (18e), 630 (21e) # 9
{10a'} 608 (27e), 611/2 (29/30e), 613/4 (2e), 616/7 (5e), 619/20 (8e), 621/2 (10/1e), 624/5 (13e), 627/8 (16e), 630/1 (19e), 632/3 (21e) # 10
{10a''} 609 (27e), 612/3 (29/30e), 614/5 (2e), 617/8 (5e), 620/21 (8e), 622/3 (10/1e), 625/6 (13e), 628/9 (16e), 631/2 (19e) # 9
{10b} 610 (29e), 612 (2e), 615 (5e), 617 (7e), 620 (10e), 623 (13e), 625/6 (15/6e), 628 (18e), 631 (21e) # 9
{10b'} 610 (27e), 612/3 (29/30e), 614/5 (2e), 617/8 (5e), 620/1 (8e), 622/3 (10/1e), 625 (13e), 628 (16e), 631 (19e) # 9
{10c} 611 (29e), 613 (2e), 616 (5e), 618 (7e), 621 (10e), 624 (13e), 626/7 (15/6e), 629 (18e), 632 (21e) # 9
{10c'} 611 (27e), 613/4 (29/30e), 615/6 (2e), 618/9 (5e), 621/2 (8e), 623/4 (10/1e), 626/7 (13e), 629/30 (16e), 632/3 (19e) # 9
{10d} 612 (29e), 614 (2e), 617 (5e), 619 (7e), 622 (10e), 625 (13e), 627/8 (15/6e), 630 (18e) # 8
{10d'} 612 (27e), 614/5 (29/30e), 616/7 (2e), 619/620 (5e), 622/3 (8e), 624/5 (10/1e), 627/8 (13e), 630/1 (16e) # 8
Calcul suivant le calendrier hébraïque :
608 (3e), 611 (6e), 613 (8e), 616 (11e), 619 (14e), 622 (17e), 624 (19e), 627 (3e), 630 (6e), 632 (8e) # 10
608 (6e), 610 (8e), 613 (11e), 616 (14e), 619 (17e), 621 (19e), 624 (3e), 627 (6e), 629 (8e), 632 (11e) # 10
608 (8e), 611 (11e), 614 (14e), 617 (17e), 619 (19e), 622 (3e), 625 (6e), 628 (8e), 631 (11e) # 9
608 (11e), 611 (14e), 614 (17e), 616 (19e), 619 (3e), 622 (6e), 624 (8e), 627 (11e), 630 (14e) # 9
608 (14e), 611 (17e), 613 (19e), 616 (3e), 619 (6e), 621 (8e), 624 (11e), 627 (14e), 630 (17e), 632 (19e) # 10
608 (17e), 610 (19e), 613 (3e), 616 (6e), 618 (8e), 621 (11e), 624 (14e), 627 (17e), 629 (19e), 632 (3e) # 10
608 (19e), 611 (3e), 614 (6e), 616 (8e), 619 (11e), 625 (17e), 627 (19e), 630 (3e), 633 (6e) # 9
609 (3e), 612 (6e), 614 (8e), 617 (11e), 620 (14e), 623 (17e), 625 (19e), 628 (3e), 631 (6e) # 9
609 (6e), 611 (8e), 614 (11e), 617 (14e), 620 (17e), 622 (19e), 625 (3e), 628 (6e), 630 (8e) # 9
609 (8e), 611 (11e), 614 (14e), 617 (17e), 619 (19e), 622 (3e), 625 (6e), 627 (8e), 630 (11e) # 9
609 (11e), 612 (14e), 615 (17e), 617 (19e), 620 (3e), 623 (6e), 625 (8e), 628 (11e), 631 (14e) # 9
609 (14e), 612 (17e), 614 (19e), 617 (3e), 620 (6e), 622 (8e), 625 (11e), 628 (14e), 631 (17e) # 9
609 (17e), 611 (19e), 614 (3e), 617 (6e), 619 (8e), 622 (11e), 625 (14e), 628 (17e), 630 (19e) # 9
609 (19e), 612 (3e), 615 (6e), 617 (8e), 620 (11e), 623 (14e), 626 (17e), 628 (19e), 631 (3e) # 9
610 (3e), 613 (6e), 615 (8e), 618 (11e), 621 (14e), 624 (17e), 626 (19e), 629 (3e), 631 (6e) # 9
610 (6e), 612 (8e), 615 (11e), 618 (14e), 621 (17e), 623 (19e), 626 (3e), 629 (6e), 631 (8e) # 9
610 (8e), 613 (11e), 616 (14e), 619 (17e), 621 (19e), 626 (3e), 629 (6e), 631 (8e) # 8
610 (11e), 612 (14e), 619 (17e), 621 (19e), 624 (3e), 627 (6e), 629 (8e), 632 (11e) # 8
610 (14e), 613 (17e), 615 (19e), 618 (3e), 621 (6e), 623 (8e), 626 (11e), 629 (14e), 632 (17e) # 9
610 (17e), 612 (19e), 615 (3e), 618 (6e), 620 (8e), 623 (11e), 626 (14e), 629 (17e), 631 (19e) # 9
610 (19e), 613 (3e), 616 (6e), 618 (8e), 621 (11e), 624 (14e), 627 (17e), 629 (19e), 632 (3e) # 9
¤ Aucune des tables ne conduit à plus de 10 mois ou moins de 8 mois embolismiques.
D.1-2. La configuration valide suivant les données historiques
Il est bien établi qu'aucune des tables ne permet de boucler le désalignement en sorte que le ramadˁān de la révélation coïncide avec le calendrier réformé en l'an 10H.
Le Prophète a trouvé les israélites de Yathrib jeûnant 'achūra en 622 [9], et a jeûné avec eux ; l'arrivée du Prophète à la cité doit remonter à avant septembre 622.
D.2. Cycle métonique et calendrier hébraïque
Selon les investigations de Syed Khalid Shawkat [10], le mois embolismique du calendrier arabe luni-solaire s'exécutait après ðuˁal ħiʤah. Et l'abrogation de cet usage a eu lieu durant le pèlerinage d'adieu, durant ðuˁal ħiʤah en l'an 632. Nous connaissons les années abondantes suivant le cycle métonique, et le calendrier hébraïque, pour la période à laquelle nous nous intéressons [11], qu'en est-il pour le calendrier arabe ?
Muslim ibn Hajjāj rapporte que le Messager jeûnât 'achūra à Yathrib en même temps que les israélites jusqu'en 2H. Donc le Messager devait être arrivé à Yathrib avant tichri en 622 [12].
Quoi que l'on situe généralement le début du calendrier hégirien en juillet (vraisemblablement plutôt en juin 622), il est mentionné que le Prophète arriva en agglomération de Yathrib, en Rabī' al awwal, selon Tabarī et Ibn Hichām, donc avant le mois de septembre [13]. La date correspond chronologiquement, mais les deux calendriers n'étaient pas synchrones. Les hadiths ne disent pas en quel mois en cours selon le calendrier arabe dévolu le Messager avait jeûné 'achūra, quoique plus tard on adapta la date de 'achūra avec le mois de muħarram, désormais le premier mois du calendrier officiel.
D.3. Dates émergent des tables étudiees plus haut
On obtient donc suivant toutes les tables employées respectivement 8 mois, 9 mois ou 10 mois ajoutés intercalés.
Sur base de 8 mois, aucun lundi impair ne correspond à la dernière décade commençant un vendredi 10 mai 608.
Sur base de 9 mois, la dernière décade commence un samedi 8 juin 608 et nous atterrissons à un lundi impair sur le 23 ramadˁān -14H, correspondant au 10 juin 608. Ce mois coïncide selon le calendrier réformé projeté à un mois de Jumādā al uxra.
Sur base de 9 mois, la dernière décade commence précisément le lundi 10 juillet 608, il s'agit donc du lundi 21 ramadˁān -14H. Ce mois coïncide selon le calendrier réformé projeté à un mois de raʤāb.
D.4. Thèse d'un ramadˁān suivant le cycle Divin, avec douze mois embolismiques rajoutés sur 23 ans
(Cor. 9, 36-7) : « Le nombre de mois, auprès d'Allah, est de douze, dans la prescription d'Allah, le jour où Il créa les cieux et la terre. Quatre d'entre eux sont sacrés : telle est la religion droite. (…) Le report d'un mois sacré à un autre est un surcroît de déni. Par là, les mécréants sont égarés : une année, ils le font profane, et une année, ils le font sacré, afin de fouler le nombre de mois qu'Allah a fait sacrés. Ainsi rendent-ils profane ce qu'Allah a fait sacré. »
(Cor. 2, 185) : « Le mois de ramadˁān au cours duquel le Coran a été descendu comme guidée pour les gens et preuves claires de la bonne direction et du discernement. »
(Cor. 97, 1) : « Nous l'avons certes fait descendre (le Coran) pendant la nuit d'Al-Qadr. »
Une piste possible est que la première révélation ait finalement eu lieu en un mois de ramadˁān, selon le cycle canonique lunaire actuel, et coïncidant avec le ramadˁān suivant le calendrier dévolu. Dans ce cas il faut revenir à 23 années lunaires en arrière depuis 632, au ramadˁān suivant le cycle actuel, qui coïnciderait avec la première révélation.
Il est à noter que, selon Tabarī [14], qui cite des témoignages d'après Abdallah ibn Abbas, abū Wā'il, Dahhāk, Katāda, Ali ibn abī Talhā, et Mujāhid en ce sens, le calendrier arabe pré-hégirien consistait à ajouter un treizième mois, un an sur deux, comme semble le préciser le verset (Cor. 9, 36-7). Dans ce cas, à compter de l'an -13H, il aurait été ajouté douze mois lunaires jusqu'en l'an 10H. Et un tour complet aurait été réalisé, comme formulé par le Messager lors du sermon d'adieu. Alors, le mois de ramadˁān initial et celui du calendrier réformé coïncideraient. Dans ce cas, le calendrier dévolu aurait uniquement un rôle sacré pour fixer les dates de pèlerinage et les mois de paix. Les migrations saisonnières devront être régulées selon d'autres critères tel que la position des astres, la communication avec les caravaniers, ou le bourgeonnement des arbres fruitiers. Par ailleurs rien dans le Coran ou les hadith ne suggère que le ramadˁān de la révélation coïncidait avec celui du calendrier dévolu à ce moment-là. Or, il est certains que ça s'est produit avant -13H du fait des mois intercalés.
La détermination du jour recherché repose sur un comptage rigoureux des lunaisons astronomiques, effectué conjonction par conjonction, et non sur une approximation par durée moyenne de mois lunaire. En prenant pour point d'ancrage le calibrage du calendrier lunaire selon PERF 558 [15], correspondant au début du mois de ramadˁān de l'an 1H on recule exactement 168 conjonctions lunaires (14 × 12 mois) jusqu'à la période correspondant à 609 CE.
En poursuivant le comptage nuit par nuit à partir de cette conjonction, la dernière décade du mois s'étend des nuits 21 à 30. La 25ᵉ nuit tombe dans la nuit du 12 septembre 608, et coïncide avec le mois de ramadˁān du calendrier réformé projeté.
Le calcul du jour de la semaine selon le calendrier julien confirme que le 12 septembre 608 est un lundi, donnant ainsi un lundi impair situé dans la dernière décade du mois, ce qui satisfait simultanément les contraintes textuelles et astronomiques.
Cette dernière date semble se conforter avec le Coran, où il est dit que les mois sont au nombre de douze chez Allah depuis le décret de la création.
E. Synthèse : recherche de la date exacte et méthodologie
Il semble qu'il est possible de rechercher la date exacte de la Nuit du Destin, à partir des récits authentifiés par les analystes musulmans, et avec les progrès modernes en mathématiques, en astronomie et en informatique.
La tradition rapporte qu'en émigrant à Yathrib, le Messager jeûna 'achūra, en observation des israélites. Il fit, dit-on, ainsi jusqu'en l'an 1H, correspondant à la 14e année abondante du calendrier hébraïque.
En considérant que 23 années luni-solaires ont précédé le calendrier hégirien, que le nombre de mois intercalés est, selon les différentes théories, de 8, 9 ou 10 [16], nous avons souligné qu'aucune des tables avancées ne fait s'aligner le calendrier hégirien avec la Nuit du Destin. Nous avons montré qu'au rythme d'un mois intercalaire une année sur deux, nous revenons à la littéralité du Coran et à un calendrier ajusté sur la Nuit du Destin en ramadˁān.
La thèse que nous privilégions est qu'il faut chercher le mois de ramadˁān suivant le cycle canonique réformé pour cette même période ; alors la nuit recherchée correspondrait à un lundi 25, soit au lundi 9 septembre 608. Le cycle des mois est conforme aux prescriptions du Coran ; nous nous situons à 13 années corrigés de l'émigration du Prophète à Yathrib, c'est un lundi impair de la dernière décade du mois lunaire en cours.
E.1. Reconstruction astronomique — note méthodologique
Pour le ramadˁān de l'an 608 de notre ère, l'application d'une reconstruction astronomique rigoureuse, indexée sur la conjonction et le calendrier julien, permet d'identifier la date proposée ci-dessus.
Les six piliers du calcul
Cette reconstruction repose sur un changement de paradigme : la transition d'un calendrier de constatation humaine vers un calendrier de réalité cosmique.
I. L'Unicité Ontologique de la Nuit — Le recours à la visibilité locale induit un dédoublement de la date selon la position géographique. Or, la nature de Laylat al-Qadr suggère une occurrence temporelle unique à l'échelle planétaire. La conjonction effective identifie l'instant universel, garantissant l'unicité de la nuit.
II. La Science comme Témoignage (chahada) — L'injonction « si vous le voyez » (izha chahittum) est ici appliquée au témoignage mathématique. Le calcul moderne offre une certitude (qat'i) là où la vision humaine, limitée par l'optique et la météo, n'offre qu'une conjecture (zˁanni).
III. La Souveraineté du Fait sur la Dérogation — Si la jurisprudence admet l'erreur d'observation pour la validité du culte (dérogation), elle ne modifie pas la réalité des faits (al-waqi'). Cette démarche vise la vérité historique absolue, indépendante des incertitudes humaines de l'époque.
IV. La Primauté du Calcul de Haute Précision — La méfiance historique envers le calcul était liée à l'imprécision des tables anciennes. Avec les éphémérides contemporaines et la compréhension de la physique lunaire (limite de Danjon), le calcul n'est plus une hypothèse, mais la preuve de la position réelle de l'astre.
V. L'Omniscience Divine et l'Ordre Cosmique — Dieu n'est pas tributaire de la perception humaine pour valider Son calendrier. S'aligner sur la conjonction, c'est s'aligner sur l'horloge divine originelle décrite dans le Coran (10:5), où le mouvement des astres est le seul étalon du temps.
VI. Précision Chronométrique et Étalonnage Historique — La marge d'erreur de ce calcul est estimée entre 100 et 120 secondes. Cette précision exceptionnelle dépend de la datation du papyrus PERF 558 (Jumādā al ula, ~25 avril 643 CE), document bilingue servant de clé de calibrage pour synchroniser les cycles lunaires avec le calendrier julien. Ce jalon archéologique permet de verrouiller la chronologie et d'éliminer toute incertitude liée aux anciens mois intercalaires (nasī').
E.2. Anticipation méthodologique et réponses aux objections possibles
1. Sur la précision des calculs astronomiques
Les calculs présentés s'appuient sur des éphémérides modernes dont la précision, pour la période considérée, est de l'ordre de une à deux minutes. Cette marge est sans incidence sur la détermination des conjonctions lunaires pertinentes ni sur la structure mensuelle retenue dans l'analyse. Les éventuelles variations horaires n'affectent pas l'identification des nuits impaires du mois, qui constitue l'objet principal de la présente étude.
2. Sur l'usage du calendrier pré-islamique et du nasīʾ
L'hypothèse des douze mois intercalaires ne relève pas d'un choix arbitraire, mais constitue le seul cadre permettant de calibrer le ramadˁān de la révélation avec le calendrier réformé, en conformité à la fois avec les contraintes astronomiques et avec la littéralité coranique concernant le nasīʾ Les modèles alternatifs étudiés en début d'article, en l'absence d'un tel mécanisme d'intercalation, ne permettent ni une cohérence calculatoire satisfaisante, ni un appui textuel explicite.
3. Sur le recours au document PERF
Le document PERF fournit un second crochet chronologique indépendant. Son authenticité permet un calibrage précis par confrontation avec le calendrier de référence, sans constituer pour autant une source de datation primaire. Les calculs astronomiques sont menés indépendamment de ce document, et leur convergence avec ce dernier vise uniquement à renforcer la cohérence du cadre chronologique proposé, en évitant toute circularité méthodologique.
4. Sur la mention du lundi
La mention du lundi repose sur un récit transmis et authentifié, explicite et dépourvu d'ambiguïté. Elle est utilisée comme contrainte secondaire de cohérence et non comme donnée décisive isolée. Elle n'implique aucun arbitrage entre traditions concurrentes, mais s'inscrit dans un faisceau convergent d'indices.
E3. Reconstruction de Laylat al-Qadr
E3.1. Objectif
Identifier la nuit la plus probable de Laylat al-Qadr en 608 (calendrier julien), en combinant critères prophétiques (dix dernières nuits, nuit impaire, non annoncée) et reconstruction astronomique (conjonctions lunaires réelles, AstroPixels/Espenak).
E3.2. Méthode de calcul
- Conjonction lunaire : vendredi 16 août 608 à 08h05 TU
- Début de ramadˁān : nuit du 16 août 608 (jour civil de la conjonction)
- Jour de la semaine déterminé par calcul astronomique (algorithme de Meeus, calendrier julien)
- Première nuit = 1ʳᵉ nuit impaire
E3.3. Table complète des nuits de ramadˁān 608
| N° nuit | Date (soir) | Jour julien | Impair/Paire | Commentaire |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 16 août | vendredi | Impair | Première nuit |
| 2 | 17 août | samedi | Paire | |
| 3 | 18 août | dimanche | Impair | |
| 4 | 19 août | lundi | Paire | |
| 5 | 20 août | mardi | Impair | |
| 6 | 21 août | mercredi | Paire | |
| 7 | 22 août | jeudi | Impair | |
| 8 | 23 août | vendredi | Paire | |
| 9 | 24 août | samedi | Impair | |
| 10 | 25 août | dimanche | Paire | |
| 11 | 26 août | lundi | Impair | |
| 12 | 27 août | mardi | Paire | |
| 13 | 28 août | mercredi | Impair | |
| 14 | 29 août | jeudi | Paire | |
| 15 | 30 août | vendredi | Impair | |
| 16 | 31 août | samedi | Paire | |
| 17 | 1 sept. | dimanche | Impair | |
| 18 | 2 sept. | lundi | Paire | |
| 19 | 3 sept. | mardi | Impair | |
| 20 | 4 sept. | mercredi | Paire | |
| 21 | 5 sept. | jeudi | Impair | Dix dernières nuits |
| 22 | 6 sept. | vendredi | Paire | |
| 23 | 7 sept. | samedi | Impair | |
| 24 | 8 sept. | dimanche | Paire | |
| 25 | 9 sept. | lundi | Impair | Seul lundi impair des 10 dernières nuits → Laylat al-Qadr probable |
| 26 | 10 sept. | mardi | Paire | |
| 27 | 11 sept. | mercredi | Impair | |
| 28 | 12 sept. | jeudi | Paire | |
| 29 | 13 sept. | vendredi | Impair | Dernière nuit |
E3.4. Analyse
- Nuits impaires dans cette plage : 21, 23, 25, 27, 29
- Nuit coïncidant avec un lundi : uniquement la 25ᵉ (5, 7, 11, 13 septembre étant respectivement jeudi, samedi, mercredi, vendredi)
- La 25ᵉ nuit (9 septembre 608) satisfait tous les critères sans ambiguïté : impaire, dans les dix dernières nuits, nuit d'un lundi, non annoncée.
E3.5. Conclusion probable
Pour le ramadˁān 608, en appliquant une reconstruction astronomique rigoureuse (conjonction du 16 août 608, 08h05 TU) et en respectant les critères prophétiques :
Laylat al-Qadr tombe très probablement sur la 25ᵉ nuit, soit la nuit du lundi 9 septembre 608, dans le calendrier julien.
F. Conclusions :
Il semble qu'il est possible de rechercher la date exacte de la nuit du Destin, à partir des récits authentifiés par les analystes musulmans, et avec les progrès moderne en mathématique, en astronomie et en informatique.
La tradition rapporte qu'en َّémigrant َّà َّYathrib, َّle َّMessager َّjeûna َّ'achūra, َّen َّobservation َّdes َّisraélites. Il fit, dit-on َّ ainsi, َّ jusqu'en َّ 2H َّ ou le ramadˁān َّ fut َّ institué, َّ soit َّ en َّ 623 َّ (1H), َّcorrespondant à la 14e année abondante du calendrier hébraïque.
En considérant que 23 années luni-solaire ont précédé le calendrier hégirien, que le nombre de mois intercalés est, selon les différentes théories de 8, 9 ou 10 [16], nous avons souligné qu'aucune des tables avancées ne fait s'aligner le calendrier hegirien avec la nuit du Destin. Nous avons montré qu'au rythme d'un mois intercalaire d'une année sur deux, nous revenons à la littéralité du Coran et un calendrier ajusté sur la nuit du Destin en ramadˁān.
La َّ thèse َّ que َّ nous َّ privilégions َّ est َّ qu'il faut chercher َّ le mois de ramadˁān suivant le ّcycle canonique réformé pour cette même période, alors la nuit recherchée correspondrait à un lundi 25, soit au lundi 9 septembre 608. Le cycle des mois est conforme aux prescriptions du Coran, nous nous situons à 13 années de l'émigration du Prophète à Yathrib, c'est un lundi impair de la dernière décade du mois lunaire en cours.
Ce calcul n'est pas absolu, mais fondé sur une méthode scientifique vérifiable. Plusieurs sources d'erreurs restent possibles, certaines données n'étant pas garanties de l'autorité du Coran ou du Prophète. Le calcul sera faussé, si le Prophète n'a pas vécu 23 ans depuis sa mission jusqu'à l'an 632, ou si l'abrogation des mois embolismiques ne coïncide pas avec l'an 632. Ou si les arabes utilisaient une méthode oubliée conduisant à plus de dix mois ou moins de sept mois embolismiques sur 23 ans. Cependant, cette chronologie est consolidée par des témoignages d'époque comme les batailles en Syrie sous abū ّBakr en février ّ 634 َّ[17], et de la prise de la Galilée sous Umar en 636 [18]. Le calcul serait enfin faussé, si le calcul des conjonctions pour une époque aussi éloignée sont inexactes au point de se tromper à un jour près ou plus. Or l'estimation des marges d'incertitude est accréditée par les exploits de l'exploration spatiale d'objets éloignés du système solaire étant en mouvement relatif. Le point le plus sensible consiste en la durée de la période mecquoise, la période medinoise étant suffisamment documentée.
Certaines sources mentionnent 10 années de révélations avant l'hégire. Mais il est possible de statuer afin d'obtenir des informations permettant de se fixer sur la durée de la mission du Prophète jusqu'en l'an 632.
Il existe une série de hadiths rapportés selon Abdallah ibn Abbas, Aycha, Anas, Jabir, Hudayfa, et Muawiya qui présentent des variantes. Ainsi, mis à part une variante marginale qui mentionne que le Messager serait décédé à l'âge de 65 ans d'après un récit d'après ibn Abbas, il y a une concordance sur l'âge de 63 années selon ces compagnons (Aycha, ibn Abbas, Mu'awiya, Jabir, Anas). Or, il n'y a pas de divergence sur l'âge de quarante ans lors du premier contact (ibn Abbas, Anas). Il y a enfin une discordance sur la période mecquoise. Qui est tantôt mentionnée comme étant de 10 ans, tantôt de 13, et une fois de quinze. Ces récits émanent selon Abdallah ibn Abbas, Aycha, et Anas. La version de 13 années ressort en avant concernant ibn Abbas. La version de 15 ans selon ibn Abbas est marginale. Quant à la version de dix années d'après Aycha et Anas, elle n'est pas cohérente car tous deux retiennent l'âge de 63 ans pour le Prophète à la fin de sa mission. Il ressort de cette analyse que les dates mentionnées à l'article plus haut sont mieux étayées par un calcul croisé. Et qu'il se soit écoulé 23 années entre la mission du Messager et son départ.
Il ressort de cette étude que si le système de calcul pour la détermination du mois lunaire n'est pas admis comme base, des incohérences comme le dédoublement de la nuit du Destin surgissent. Ce système d'investigation peut servir à remettre de l'ordre dans la recherche d'autre dates clés, afin de fonder nos connaissances sur des bases plus fermes et vérifiables. Il apparaît que la chronologie telle qu'elle nous est rapportée par les chroniqueurs musulmans médiévaux semble fiable d'après la critique interne, comme d'après une critique externe.
Pour le ramadˁān de l'an 608 de notre ère, l'application d'une reconstruction astronomique rigoureuse, indexée sur la conjonction et le calendrier julien, permet d'identifier la date suivante :
Note Méthodologique : Les six piliers du calcul
Cette reconstruction repose sur un changement de paradigme : la transition d'un calendrier de constatation humaine vers un calendrier de réalité cosmique.
I. L’Unicité Ontologique de la Nuit
Le recours à la visibilité locale induit un dédoublement de la date selon la position géographique. Or, la nature de Laylat al-Qadr suggère une occurrence temporelle unique à l'échelle planétaire. La conjonction effective identifie l'instant universel, garantissant l'unicité de la nuit.
II. La Science comme Témoignage (chahada)
L'injonction « si vous le voyez » (izha chahittum) est ici appliquée au témoignage mathématique. Le calcul moderne offre une certitude (qat’i) là où la vision humaine, limitée par l'optique et la météo, n'offre qu'une conjecture (zˁanni).
III. La Souveraineté du Fait sur la Dérogation
Si la jurisprudence admet l'erreur d'observation pour la validité du culte (dérogation), elle ne modifie pas la réalité des faits (al-waqi'). Ma démarche vise la vérité historique absolue, indépendante des incertitudes humaines de l'époque.
IV. La Primauté du Calcul de Haute Précision
La méfiance historique envers le calcul était liée à l'imprécision des tables anciennes. Avec les éphémérides contemporaines et la compréhension de la physique lunaire (limite de Danjon), le calcul n'est plus une hypothèse, mais la preuve de la position réelle de l'astre.
V. L’Omniscience Divine et l’Ordre Cosmique
Dieu n'est pas tributaire de la perception humaine pour valider Son calendrier. S'aligner sur la conjonction, c'est s'aligner sur l'horloge divine originelle décrite dans le Coran (10:5), où le mouvement des astres est le seul étalon du temps.
VI. Précision Chronométrique et Étalonnage Historique
La marge d’erreur de ce calcul est estimée entre 100 et 120 secondes. Cette précision exceptionnelle dépend de la datation du papyrus PERF 558 (643 CE), document bilingue servant de clé de calibrage pour synchroniser les cycles lunaires avec le calendrier julien. Ce jalon archéologique permet de verrouiller la chronologie et d'éliminer toute incertitude liée aux anciens mois intercalaires (nasī’).
G. Anticipation méthodologique et réponses aux objections possibles
1. Sur la précision des calculs astronomiques
Les calculs présentés s’appuient sur des éphémérides modernes dont la précision, pour la période considérée, est de l’ordre de une à deux minutes. Cette marge est sans incidence sur la détermination des conjonctions lunaires pertinentes ni sur la structure mensuelle retenue dans l’analyse. Les éventuelles variations horaires n’affectent pas l’identification des nuits impaires du mois, qui constitue l’objet principal de la présente étude.
2. Sur l’usage du calendrier pré-islamique et du nasĩ'.
L’hypothèse des douze mois intercalaires ne relève pas d’un choix arbitraire, mais constitue le seul cadre permettant de calibrer le ramadˁān de la révélation avec le calendrier réformé, en conformité à la fois avec les contraintes astronomiques et avec la littéralité coranique concernant le nasīʾ. Les modèles alternatifs, en l’absence d’un tel mécanisme d’intercalation, ne permettent ni une cohérence calculatoire satisfaisante, ni un appui textuel explicite.
3. Sur le recours au document PERF
Le document PERF fournit un second crochet chronologique indépendant. Son authenticité permet un calibrage précis par confrontation avec le calendrier de référence, sans constituer pour autant une source de datation primaire. Les calculs astronomiques sont menés indépendamment de ce document, et leur convergence avec ce dernier vise uniquement à renforcer la cohérence du cadre chronologique proposé, en évitant toute circularité méthodologique.
4. Sur la mention du lundi
La mention du lundi repose sur un récit transmis et authentifié, explicite et dépourvu d’ambiguïté. Elle est utilisée comme contrainte secondaire de cohérence et non comme donnée décisive isolée. Elle n’implique aucun arbitrage entre traditions concurrentes, mais s’inscrit dans un faisceau convergent d’indices.
Références
[5] Pour faire correspondre le calendrier lunaire ancestral avec le calendrier solaire, les Arabes préislamiques recouraient à l’intercalation d’un mois supplémentaire (nasīʾ), selon des procédés de calcul astronomiques hérités de traditions juives hellénisées. L’abrogation de cet usage en 632 entraîna la perte progressive des détails techniques de cette méthode chez les érudits postérieurs.
[6] Dans les calendriers hégiriens de type I et II, la date de départ est fixée au 15 juillet 622 (datation historique), tandis que les calendriers de type III et IV adoptent le 16 juillet 622 (datation astronomique).
[7] Calcul astronomique moderne des lunaisons basé sur des algorithmes contemporains de mécanique céleste.
[8] Le hadith du « retour du temps à son état originel » constitue la base textuelle de l’abrogation définitive du nasīʾ et confirme l’abandon du calendrier luni-solaire au profit d’un calendrier strictement lunaire.
[9] ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās rapporte que, lors de son arrivée à Médine, le Prophète ﷺ constata que les Juifs jeûnaient le jour de ʿĀchūrāʾ et lui accordaient une grande importance.
[13] W. Montgomery Watt, Mahomet, trad. fr., Paris, Payot, 1958-1959, p. 190.
[14] Al-Ṭabarī, Jāmiʿ al-bayān ʿan taʾwīl āy al-Qurʾān, commentaire de la sourate al-Tawba, verset 37.
[17] Thomas le Presbyte, Chroniques. "Dans l’année 945, indiction 7 (l'an 634 du calendrier actuel), le vendredi 4 février, il ya eu une bataille entre les Romains et des Tayyaye de Muhammad en Palestine, à 12 miles à l’est de Gaza. Les Romains ont fui, laissant derrière eux le patriarche Bryrdn, que les Tayyaye ont tué. Quelques 4000 pauvres villageois de Palestine ont été tués là, chrétiens, juifs, samaritains. Les Tayyaye ont ravagé la région entière."
[18] Robert G. Hoyland; A Survey and Evaluation of Christian, Jewish and Zoroastrian Writings on Early Islam ; 1997. p.116. "En Janvier {les gens de} Homs ont pris la parole pour leur vie et de nombreux villages ont été ravagés par le meurtre de {Arabes de} Muhammad (Muhmd) et beaucoup de gens ont été tués et {pris } prisonnier depuis la Galilée jusqu'à Beth. . . Sur le vin{gt-}six mai la SAQ {ila} {. . .} poursuivirent cela dans le voisinage de Homs et les Romains {. . .}. Le dixième {d'Août } les Romains ont fui les environs de Damas {et il ont été tués} par {de nombreuses personnes}, environs une dizaine de milliers. Et à la fin de l'{année} vous les Romains sont venus. Sur le vingtième d'Août de l'année neuf-cent qu{arante} sept (636 du calendrier actuel) ils se sont confrontés là en Gabitha {face à une multitude} de Romains, et beaucoup de gens {R}omains ont été tu{és}, quel{ques}cinquante mille ."

Commentaires
Enregistrer un commentaire